À Berstett, les femmes portent une jupe, dite  « de Rock », de couleur verte (« d’Schantze ») généralement en bombassin, lourd tissu de laine et de lin. Un corselet de brocart ou de velours, échancré sur le devant, est attenant à cette jupe ; lacé sur le devant, il laisse apparaître le plastron ou devantier, « de Stecker »,  richement orné de motifs populaires décoratifs : roue solaire, arbre de vie, étoiles, rosaces, cercles de la trinité, pentagramme  etc… qui sont aussi des symboles de protection et de fertilité.

La jupe est garnie d’un ruban de velours fleuri plus ou moins large, parfois bordé de dentelles noires, selon la richesse de la jeune fille.

Dans d’autres villages protestants, on peut voir des jupes de couleurs différentes, en rapport avec les couleurs de l’autel à l’église : le rouge pour les jours de fêtes, le violet pour le Carême et la période de l’Avent ; mais d’autres couleurs sont également présentes : ainsi on voit des robes bleues, brunes, même fuschia ou couleur fleur de pêcher !

Le tablier en soie, en satin ou en taffetas noir, brodé de riches guirlandes de fleurs se noue généralement sur le devant. Parfois une petite ceinture tressée, appelée « Kordel », terminée par de gros glands symbolisant la richesse du patrimoine de la jeune fille (chacun représente le nombre de terres et le cheptel de la jeune fille à marier !!) maintient le tablier, qui devient signe visible de l’aisance de la jeune fille.

La tenue est rehaussée par une chemise blanche et une collerette carrée, bordée de belles dentelles amidonnées. En hiver, les femmes abandonnaient leurs collerettes et se couvraient de grands châles de soie noire, richement brodés, à longues franges ; cette mode apparue sous l’Empire s’est installée en Alsace, suppléant le « Kasaweck », casaquin court en bombasin noir.

C’est par sa coiffe à grand nœud que l’Alsacienne, en particulier celle de Basse Alsace, est la plus connue. À Berstett, la coiffe de la fin du 19ème siècle se compose d’un bonnet en velours décoré de broderies d’or et de paillettes, et d’un ruban de 3m de long, noué, redressé et façonné pour se dresser en éventail sur le sommet de la tête.

D’après des peintures de Pabst, en particulier de scènes de mariage, les jeunes filles portent une coiffe non pas nouée sur le bonnet mais dans le dos avec des pans de couleur vive, rouge bleue ou vert. Cette variante de coiffe, plus seyante, met particulièrement en valeur la jeunesse.

Plastrons, tabliers, bonnets de coiffe, châles sont brodés et témoignent à la fois de l’habileté des jeunes filles, de leur savoir faire mais surtout de la persistance d’anciens rites de protection et de fertilité.

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